Les lettres de prolongement en arabe

Dans la langue arabe, la prononciation correcte et la lecture fluide reposent sur la maîtrise des voyelles, brèves ou longues. Les voyelles longues, appelées madd (مدّ), se distinguent par l’allongement du son. Cet allongement est indiqué dans l’écriture non pas par un signe diacritique, mais par des lettres spécifiques appelées “lettres de prolongement” (ḥurūf al-madd). Elles jouent un rôle fondamental dans la phonétique arabe et influencent directement le sens des mots. Comprendre leur fonctionnement est donc indispensable à toute personne qui apprend les bases de la lecture et l’écriture de l’arabe.

Sommaire :

Définition et rôle des lettres de prolongement en arabe

Les lettres de prolongement en arabe sont au nombre de trois :

  1. ا (alif) – prolonge la voyelle fatḥa (a) en ā
  2. و (wāw) – prolonge la voyelle ḍamma (u) en ū
  3. ي (yāʾ) – prolonge la voyelle kasra (i) en ī

Elles sont dites sakina (sans voyelle, avec un “soukoun imaginaire” ), car elles ne produisent pas de son autonome : elles prolongent simplement la voyelle en arabe qui les précède.

Exemple :

  • كتب (kataba) → “il a écrit”
  • كاتَب (kātaba) → “il a correspondu par écrit”

Ici, l’alif prolonge le “a” initial.

Lire :

Utilisation des lettres de prolongement en arabe

Pour qu’une lettre joue le rôle de prolongement en arabe, deux conditions doivent être remplies :

  1. La voyelle brève précédente doit correspondre : Fatḥa + alif → ā ḍamma + wāw → ū Kasra + yāʾ → ī
  2. La lettre de prolongement n’a pas de voyelle propre (soukoun imaginaire).

 

Exemples :

  • سَارَ (sāra) : fatḥa + alif → “sā-”
  • دُور (dūr) : ḍamma + wāw → “dū-”
  • كِيف (kīf) : kasra + yāʾ → “kī-”
lettres de prolongement arabe

Cas particuliers et variantes des lettres de prolongement en arabe

a) Alif maqṣūra (ى)

Variante de l’alif utilisée en fin de mot, souvent après certaines consonnes. Elle prolonge également le son “a”.

Exemple : عَلَى (ʿalā) → “sur”.

b) Alif flottant et signe de madd

Utilisé surtout dans le Coran pour signaler un allongement plus long (4 à 6 temps) dans un madd farʿi. L’alif flottant se place au-dessus de la lettre, tandis que le signe de madd (~) sur la lettre indique un prolongement obligatoire.

Exemple : آمَنَ (āmana) → “il a cru” (hamza sur alif + signe de madd).

c) Lam-alif

Combinaison du lam + alif après une fatḥa sur lam. C’est une contraction graphique, fréquente en écriture arabe.

Exemple : لَا إِلَٰهَ (lā ilāha) → “il n’y a pas de divinité…”.

d) Lettres leen (و ou ي avec soukoun réel après fatḥa)

Elles produisent un son semi-voyelle adouci, à distinguer des lettres de prolongement.

Exemples :

  • خَوْف (khawf) → “peur” (wāw)
  • بَيْت (bayt) → “maison” (yāʾ)

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Lettres de prolongement et tajwīd (lecture coranique)

En lecture coranique, le respect des prolongements est essentiel :

  • Madd Al Asli : allongement simple (2 temps).
  • Al-Madd Al-Muttaṣil et Al-Madd Al-Munfaṣil : prolongement lié à la présence d’une hamza.
  • Al-Madd Al-Lâzim : prolongement obligatoire de 6 temps, souvent avec une consonne ayant un shadda après la lettre de prolongement.

Omettre un madd peut changer le sens du mot :

  • الرَّحِم (ar-raḥim) : “l’utérus”
  • الرَّحِيم (ar-raḥīm) : “le Miséricordieux”

Pour une lecture fluide et correcte de l’arabe, il est indispensable de maîtriser ces règles de tajwid et de prolongement en arabe.

Voir :

Évitez les erreurs fréquentes sur les lettres de prolongement en arabe

Voici les erreurs fréquentes à éviter concernant les lettres de prolongement en arabe :

  1. Confondre prolongement et consonne : lire un “w” ou “y” au lieu d’allonger la voyelle.
  2. Raccourcir un allongement : erreur fréquente qui modifie le sens.
  3. Ajouter une voyelle à la lettre de prolongement en arabe : brise la fluidité du mot.
  4. Confondre lettre leen et lettre de prolongement : les lettres leen (و ou ي avec soukoun réel après fatḥa) ne s’allongent pas comme un madd.
  5. Omettre un madd en lecture coranique : en tajwīd, oublier un allongement peut changer complètement le sens.

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