En arabe, la chadda (الشدة), aussi transcrite shadda ou tashdīd, est un signe diacritique qui joue un rôle essentiel dans la prononciation, la signification et la grammaire d’un mot en arabe. Ce petit symbole en forme de “w” miniaturisé au-dessus d’une lettre ( ـّ ) indique que la consonne sur laquelle il est placé doit être prononcée deux fois de suite, comme si elle était doublée.
Ce redoublement consonantique n’est pas un simple détail phonétique : il peut changer complètement le sens d’un mot arabe et influencer sa structure grammaticale. Dans cet article, nous allons explorer en détail la fonction, l’écriture, la prononciation et l’usage de la chadda.
La chadda ( ـّ ) est toujours placée au-dessus de la lettre qu’elle modifie, qu’il s’agisse d’une consonne ou d’une consonne accompagnée d’une voyelle courte. Elle ne se place jamais seule : elle est souvent accompagnée d’une voyelle courte (fatha ـَـ , kasra ـِـ , damma ـُـ ) ou, plus rarement, du signe de soukoun ( ـْ ) dans certains contextes grammaticaux.
Exemples :
Lire aussi :
La chadda marque la gémination (redoublement) d’une consonne. Autrement dit, au lieu de prononcer la consonne une seule fois, on la tient ou on la répète, ce qui allonge légèrement la durée de son articulation.
En pratique :
Dans le second cas, le doublement du t (تّ) modifie le sens et le rythme du mot.
La chadda ne sert pas seulement à indiquer la prononciation : elle a un rôle morphologique dans la formation des mots.
Un même radical peut donner naissance à des mots différents selon la présence ou non d’une chadda sur une consonne.
Exemples :
Dans la morphologie arabe (ṣarf), les verbes se déclinent en formes dérivées à partir d’une forme de base (forme I). La chadda est un élément clé dans plusieurs de ces formes.
Forme II (فَعَّل – faʿʿala)
Doublement de la deuxième consonne radicale → sens factitif ou intensif.
Exemple : كسّر (kassara) = “il a cassé en petits morceaux” (intensif) Par opposition à كسر (kasara) = “il a cassé”.
Forme V (تَفَعَّل – tafaʿʿala)
Forme réflexive ou passive de la Forme II, conservant le redoublement.
Exemple : تعلّم (taʿallama) = “il a appris (par lui-même)” → vient de علَّم (ʿallama) = “enseigner”.
Forme IX (اِفْعَلَّ – ifʿalla)
Doublement de la troisième consonne, souvent lié à des couleurs ou des défauts.
Exemple : احمرّ (iḥmarra) = “il est devenu rouge”.
En arabe, le doublement d’une consonne peut indiquer que l’action :
La chadda peut transformer un verbe en nom ou en adjectif, en modifiant la valeur sémantique.
En raison de la structure consonantique de l’arabe, deux mots sans chadda peuvent se ressembler visuellement. La chadda lève l’ambiguïté :
La chadda se combine toujours avec une voyelle courte, sauf dans quelques rares cas :
La première consonne redoublée porte la voyelle en arabe, tandis que la seconde est généralement “muette” (avec soukoun implicite). Ce phénomène est important pour bien lire le Coran ou des textes vocalisés.
Dans la lecture de l’arabe coranique, la chadda est cruciale. Une omission ou un oubli peut altérer le sens du verset :
En tajwid (règles de récitation du Coran), la chadda est articulée avec une tenue de la consonne pendant deux temps (harakates).
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Voici les pièges courants à éviter sur la chadda :
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